FÉMINISTE ET FRANCOPHONE!

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J’ai été bien impressionnée, il y a de cela déjà plusieurs années, par une femme du nom de Marthe qui avait réclamé haut et fort qu’il y avait une place pour le français pendant une consultation gouvernementale à laquelle nous assistions.  Son message était bien clair, bien senti… et il a été tellement mal reçu.

J’étais gênée. Il n’y avait que quelques femmes francophones à cette rencontre. Je trouvais qu’elle y allait un peu fort, Marthe, comme cela, au début… J’ai senti un grand malaise, j’aurais voulu disparaître, j’avais peur que « l’autre » ne soit froissé à tout jamais.  

J’ai vécu mon oppression dans ma langue. J’ai senti que j’étais moins bonne. Moins méritante. Pas à ma place. Pas tout à fait correcte. Moins articulée. Moins légitime. Tiens, tiens… Comme j’avais déjà compris (et rejeté!) l’idée que comme femme j’étais moins légitime, pas à ma place, moins bonne… moins méritante… pas correcte!!?? Et cela, même si certaines personnes voulaient encore me le faire sentir?

J’ai compris le lien entre les formes d’oppression, et j’ai compris que j’avais intériorisé le mépris de ma langue. Je suis devenue une battante. Une guerrière de la langue. J’ai pris modèle sur cette femme à qui on n’avait jamais fait sentir dans son pays que sa langue n’était pas belle.

C’est devenu mon second souffle : féministe et francophone. L’identité se forge au gré des expériences.  

Nous sommes des millions dans le monde à appartenir à un groupe linguistique minoritaire, à devoir chaque jour revendiquer, défendre, insister.  Nous sommes aussi des millions et des millions dans le monde à devoir chaque jour combattre la discrimination et la violence qu’on nous inflige, parce que nous sommes femmes, filles, enfants, gais et lesbiennes, transgenres, immigrantes, âgées ou parce que notre corps ou notre esprit diffère de ce qui est considéré comme étant la norme.

En ce Jour de la Saint-Jean 2015, c’est en français que je mène ma lutte, toutes mes luttes contre les normes. Avec vous.

- Ghislaine Sirois

C’est avec plaisir que le COPA présente l’article original de Ghislaine Sirois sur l’identité et le changement social. Ardente défenseuse des droits des filles et des femmes de l’Ontario français, Ghislaine est l’ancienne directrice générale de l’organisme Action ontarienne contre la violence faite aux femmes. Les efforts qu’elle déploie depuis des décennies pour établir et soutenir un réseau actif d’abris pour femmes et de centres francophones d’aide aux victimes d’agression sexuelle sont inégalés. Ghislaine a également dirigé un grand nombre d’études et de projets de grande valeur qui ont canalisé les expériences des survivantes et des intervenantes dans ce domaine donnant ainsi une plus grande envergure à la vision et aux pratiques du réseau tout en maximisant leur impact. 

Le COPA sur la francophonie : L’engagement du COPA à offrir des services en français en Ontario puise ses racines dans sa reconnaissance du fait qu’au cours de l’histoire, le droit au plein essor a été refusé aux Francophones de l’Ontario, droit qui continue d’ailleurs d’être brimé.

Voilà pourquoi toutes les ressources et toutes les activités créées, mises au point, adaptées et diffusées par le COPA visent à mettre en valeur la capacité des collectivités franco-ontariennes.

Pour explorer les valeurs et convictions du COPA ainsi que notre vision et mandat, veuillez visiter :
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LE COPA SOUHAITE UNE BELLE JOURNÉE DE LA SAINT-JEAN À TOUTES LES PERSONNES FRANCOPHONES DU CANADA!