Le petit garçon à maman et la petite fille à papa – Questionnement sur l’éducation des enfants fondée sur le genre

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Nous sommes nombreuses et nombreux à avoir dit ou entendu « C’est la petite fille à son père! » ou « C’est le petit garçon à sa mère! ».

Si on réfléchit à l’utilisation de ces phrases, on peut comprendre comment elles peuvent nuire aux enfants et à tout le monde. Elles sont intrinsèquement sexistes et accentuent l’éducation fondée sur le genre. Contrairement à la réalité d’aujourd’hui en Ontario, ce vocabulaire laisse supposer que toutes les familles sont hétérosexuelles, ont des liens biologiques et sont composées de deux parents.

L’étiquette la petite fille à son père renforce l’idée sexiste que la fille est la favorite du père et qu’elle a besoin d’être protégée, d’être adorée ou d’être sauvée par un homme – non seulement pendant l’enfance, mais aussi à l’âge adulte. Cette attitude risque également de déclencher une compétition entre la mère et la fille pour obtenir l’affection et l’amour du père.

L’étiquette le petit garçon à sa mère laisse entendre que le garçon ou l’homme est « efféminé » et faible et dominé par sa mère. Encore une fois, on dresse un portrait négatif d’une femme forte (dans le rôle de mère) et on insinue qu’un fils doux et aimable, attaché à sa mère, manque de masculinité. De tels garçons, c’est sous-entendu, sont lâches et entretiennent un lien malsain avec leur mère.

L’éducation des enfants fondée sur le genre nuit à tout le monde. Les deux parents peuvent se sentir exclus et l’enfant peut avoir l’impression de ne pas pouvoir entretenir de liens affectifs avec sa mère ou son père, ce qui risque de miner son estime de soi. Ce genre de situation peut également entraîner des disputes entre frères et sœurs. Les enfants peuvent aussi être très confus ne sachant pas comment se comporter pour avoir droit à l’amour de la mère ou du père et comment exprimer un sentiment d’affection naturel et sain.

Qu’en est-il des filles qui n’ont pas de père dans leur vie? Ou des garçons qui n’ont pas de mère? Quel message transmettons-nous aux parents et aux enfants transgenres? Et que dire des enfants qui ne grandissent pas avec leurs parents biologiques?

Tous les parents, les membres de la famille et les tutrices et tuteurs peuvent serrer leurs enfants – jeunes et vieux - dans leurs bras, les embrasser et les aimer. En fait, c’est absolument essentiel pour assurer le développement sain et la maturité affective des enfants.

Pour avoir des idées sur les façons d’aimer et de soutenir vos enfants sans égard à leur genre, visionnez les vidéos des familles CAPSULE. On y raconte l’histoire de parents, d’aîné.e.s et de frères et sœurs plus âgés qui prennent soin des enfants plus jeunes à www.copahabitat.ca.

La campagne Ça commence avec toi. Ça reste avec lui. incite les hommes qui prennent part à l’éducation des enfants à agir comme modèles accessibles et à donner l’exemple d’une masculinité positive aux enfants, notamment aux garçons. Dans le site Web de la campagne vous trouverez une panoplie de stratégies, d’information et de pistes qui permettent d’aider les enfants à forger des relations saines et égalitaires. Visitez cacommenceavectoi.ca.

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